SYLVANUS FOREVER !

15 septembre – 15 octobre 2025 :
Mois des martyrs et prisonniers politiques du Togo
…victime, dans la nuit du 26 au 27 février 1993, d’un attentat qui le paralyse et le fait mourir après 5 années de souffrances, le 29 novembre 1998

30 ans, 1 mois, 14 jours après l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO lors du putsch du 13 janvier 1963 au Togo, survient, dans la nuit du 26 au 27 février 1993, l’attentat sur le martyr Léopold Amavi AYIVI-GA-Togbassa qui le paralyse complètement avant de le faire mourir au bout de 5 années d’atroces souffrances, le 29 novembre 1998.

C’est dans la nuit du 26 au 27 février 1993 que Léopold Amavi AYIVI-GA-Togbassa, père de 2 enfants, est victime d’un attentat à Lomé en rentrant à son domicile.

Ancien journaliste à Radio Lomé, très célèbre dans les années 1960-1970 où il est une vedette chez les jeunes pour lesquels il anime la mythique émission de variété « Dans le vent » qui a fait sa réputation, il acquiert une notoriété allant bien au-delà des frontières nationales. En effet, jusqu’en Europe, il a pu établir à l’époque des relations avec le monde des médias et artistes-chanteurs dont il connaissait bien un certain nombre de principales figures ainsi que leurs activités et répertoires.

Nommé chef des programmes de Radio Lomé qu’il quitte quelques temps plus tard pour devenir correspondant de l’Agence France Presse (AFP) au Togo, il la quitte à son tour après que, passionné par la vie politique du Togo lorsque le pays est entré en ébullition après le soulèvement populaire du 5 octobre 1990, il se rapproche de l’Union togolaise pour la démocratie (UTD) d’Edem KODJO dont il devient rapidement un des responsables. Puis, il s’attache à lier ses aspirations politiques à son métier de journaliste professionnel en devenant le rédacteur en chef de l’hebdomadaire au titre significatif d’Ablodé (Liberté).

En 1992, à la création du COD II dont fait partie l’UTD, son parti, sa notoriété, ses qualités humaines et son professionnalisme comme journaliste, le font nommer attaché de presse par les responsables de cette coalition. Et, lorsque, face à la dictature d’EYADEMA dont les actes criminels et exactions, devenus de plus de plus outranciers, amènent à la création d’une radio, au nom significatif de Radio Liberté, comme outil de communication avec le peuple togolais en lutte pour la démocratie, c’est à lui qu’on en confie la direction et l’animation.

C’est peu après la sortie de l’un des numéros de ce journal qui dénonce un crime de plus du régime d’EYADEMA qu’il est entré dans le collimateur de ce régime.

Rentrant à son domicile un soir, il est en train de faire entrer sa voiture au garage après qu’on lui en ait ouvert le portail que surgissent, d’on ne sait où, des inconnus à moto qui l’ont manifestement suivi et le guettent dans l’ombre ; des tueurs professionnels chevronnés qui déchargent sur lui les balles de leurs revolvers avant de prendre la fuite.

Grièvement blessé par balles à la mâchoire et à la base du cou, il est évacué, dans le coma, sur l’Hôpital Beaujon à Clichy dans la banlieue nord de Paris (France), où il reçoit des soins pendant quelques mois.

Mais, les médecins ne peuvent, hélas, rien faire de plus pour lui, une des balles, celle tirée dans le cou, lui ayant sectionnée la carotide, le rendant muet, paralysé des membres supérieurs et inférieurs c’est-à-dire tétraplégique. Devenu ainsi grabataire, il est maintenu en vie par sondes et perfusions qui l’alimentent.

C’est dans cet état qu’il est réduit à vivre, les membres de sa famille se relayant à son chevet pour lui assurer tous ses besoins et le maintenir péniblement en vie, jusqu’à sa disparition.

Il rend l’âme le 29 novembre 1998 après 5 ans et neuf mois d’atroces souffrances.

Quant à l’enquête dont l’annonce de l’ouverture par la justice et la police a été faite, elle n’a jamais révélé ni inquiété ceux qui sont les commanditaires et exécutants de cet attentat.


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